Les scientifiques réunis à Monaco le 30 janvier 2009 soutiennent que les écosystèmes marins du monde  posté le mardi 24 mars 2009 10:29

Les scientifiques réunis à Monaco le 30 janvier 2009 soutiennent que les écosystèmes marins du monde risquent d’être gravement compromis par l’acidification des océans, à moins que n’interviennent des réductions drastiques des émissions de CO2. Plus de 150 océanographes de premier plan ont fait part de leurs inquiétudes à travers la « Déclaration de Monaco », qui met en garde sur l’accélération de l’acidification des mers. Une déclaration qui se fonde sur les conclusions d’un précédent sommet international, elle stipule que l’évolution des niveaux d’acidité est 100 fois plus rapide que la variabilité naturelle. Les scientifiques se sont appuyés sur les priorités de recherche identifiées par un symposium consacré à l’océan et à l’élévation des teneurs en CO2 qui s’est tenu en Octobre 2008. « Nous, scientifiques qui nous sommes réunis à Monaco pour rassembler les connaissances sur l’acidification des océans, déclarons que nous sommes profondément préoccupés par les récentes évolutions rapides de la chimie des océans et de leurs potentiels à affecter dans quelques décennies les organismes marins, les réseaux alimentaires, la biodiversité et les pêcheries. » Cette déclaration invite les décideurs à stabiliser les émissions de CO2 « à un niveau assurant la sécurité et évitant non seulement de dangereux changements climatiques, mais également une dangereuse acidification des océans ». Les chercheurs avertissent que l’acidification des océans, qu’ils désignent comme « l’autre problème du CO2 », peut rendre la plupart des régions de l’océan inhospitalières pour les récifs coralliens d’ici à 2050, si les niveaux de CO2 dans l’atmosphère continuent de croître. Ils indiquent par ailleurs que ce phénomène pourrait provoquer des changements substantiels dans les stocks de poissons, menaçant la sécurité alimentaire de millions de personnes. « La chimie est tellement fondamentale et les changements interviennent de manière tellement rapide et importante que les impacts sur les organismes apparaissent inévitables », déclare le Dr James Orr, le président du symposium. « Désormais, les questions sont : à quel point cela sera-t-il néfaste et à quel point cela arrivera rapidement. » (contreinfo.info du 01/02/09).

Même en cessant complètement les émissions, les quantités de chaleur et de CO2 accumulées dans les oceans continueront à se libérer lentement, prolongeant le réchauffement durant des centaines d’années. Avec l’augmentation des émissions de dioxyde de carbone, la planète subira des perturbations de l’environnement à long terme. Les dégâts provoqués vont persister, même lorsque les émissions seront contrôlées, affirme l’auteur d’étude, Susan Solomon, qui est l’un des climatologues les plus réputés. « Les gens ont cru que si nous cessions d’émettre du dioxyde de carbone le climat serait revenu à la normale dans 100 ans ou 200 ans. Ce que nous montrons, c’est que ce n’est pas vrai. Il s’agit essentiellement d’un changement irréversible qui durera plus d’un millier d'années », affirme Mme Solomon. Les océans absorbent actuellement une grande partie de l’excès de chaleur de la planète, et une grande partie du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère. Mais le dioxyde de carbone et la chaleur finiront par être restitués par l’océan. Et ce processus aura lieu pendant plusieurs centaines d’années.

Illustration : niveau résiduel de CO2, température et élévation du niveau de la mer en l’an 3000, selon le niveau de pic des émissions de CO2 (ligne du bas).

Le taux de mortalité des arbres a doublé en moins de trente ans dans les forêts de l’ouest américain. Ce phénomène, qui concerne toutes les espèces, serait dû au stress hydrique, en corrélation avec le réchauffement climatique, estiment les chercheurs. La mortalité a augmenté de façon spectaculaire, concerne toutes les espèces, et ne dépend pas de l’âge ou de la localisation des arbres. Elle a doublé dans les régions nord ouest en 17 ans, en Californie en 25 ans et dans les régions intérieures en 29 ans. Les scientifiques attribuent ce phénomène à l’allongement des périodes de sécheresse durant l’été, en corrélation avec le réchauffement climatique. Ils ont étudié la possibilité que la pollution atmosphérique soit responsable de cette mortalité, sans résultat probant. (contreinfo.info du 01/02/09).

L'époque de "l'eau facile" est terminée

L'époque de "l'eau facile" est terminée et des politiques de "régulation de la demande" sont désormais indispensables, a estimé lundi 9 mars 2009 à Paris Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l'eau. "Le temps de la croissance exponentielle de la demande est terminé. L'eau facile, c'est terminé. Nous devons entrer dans des politiques de régulation de la demande". "Depuis 50 ans, les politiques de l'eau dans le monde entier ont consisté à apporter toujours plus d'eau. On ne s'est absolument pas soucié de la consommation d'eau qui a pris des proportions de gaspillage éhonté dans certains pays". "Certaines villes des Etats-Unis consomment jusqu'à 1.000 litres d'eau par jour et par habitant là où dans une région d'Afrique on en consommera 40. Il y a des inégalités qui sont aujourd'hui inacceptables". "Nous devons nous interroger sur notre rapport avec l'eau, tous, partout dans le monde, et faire en sorte de consommer moins d'eau". (romandie.com du 09/03/09).

Source : fr.yahoo.com

Enfin, la théorie de la Relativité économique existe depuis la fin des années 1990, les prévisions se sont révèlées justes et à la lumière de la crise des subprimes, elle est entrain d'être mise au goût du jour et généralisée.

Le Point de vue de Cristina Kirchner, présidente de l'Argentine

Lors du sommet ibéro-américain à San Salvador, la présidente argentine, Cristina Kirchner, a fait entendre la voix dissonante de son pays dans le débat précédant le sommet du G20 le 15 novembre 2008, auquel elle participera. Elle S’est attaqué au modèle néo-libéral déchu qui fut imposée pendant des années aux pays en développement, elle a appelé les dirigeants des pays industrialisés à faire preuve de leadership afin de proposer une alternative ne sacrifiant pas les secteurs les plus vulnérables de la société. Cette crise est l’une des plus graves à laquelle l’humanité ait été confrontée dans son histoire, a-t-elle dit. Il faut bien comprendre que contrairement à ce qui est enseigné, « l’économie n’est pas une science exacte. Il ne s’agit pas de la valeur des monnaies, il ne s’agit pas de monétarisme. L’économie est profondément une science sociale reflétant les désirs, les besoins, les aspirations et les espoirs de la société. »

Ceux qui ont conçu le ‘consensus de Washington’ croyaient possible que l’argent s’auto-reproduise, sans travail, ni production. « Ils ont de brillants jeunes hommes assis devant des ordinateurs qui rêvent d’instruments financiers promettant des profits infinis, sans que quiconque ne comprenne comment ce pourrait être possible. » Pour elle, la faillite de ce système était inévitable. Lorsque l’économie n’est pas considérée comme étant au service de l’humanité, on en arrive à des choses telles que le système privé de retraite imposé à l’Argentine en 1994. Ces fonds privés ont organisé le pillage des souscripteurs au point que le gouvernement a été obligé d’intervenir pour garantir ces pensions. Les administrateurs de ces fonds se sont comportés en véritables bandits : ils ont amassé des commissions et des profits exorbitants, laissant les retraités mourir. La dette engagée par l’Etat afin de sauver le système privé de retraite s’élève, selon elle, à 50% de la dette extérieure de l’Argentine. (alterinfo.net du 07/11/08).

L'Autriche a-t-elle joué au gigantesque Casino ?

De gigantesques sommes du patrimoine national ont été perdues à tout jamais dans ce casino mondial. L'Autriche est engagée dans les pays de l'Est de l'Europe par 600 milliards d’euros, ce qui représente près du double du produit brut intérieur. Les crédits ne seront jamais remboursés et ces engagements ont déjà perdu entre 50 et 80% de leur valeur ; pour sauver ce qui reste, on injecte de nouveaux crédits. Les cours des banques et sociétés d’assurances, fortement exposées, telles que Raiffeisen International, Erste Bank ou Vienna Insurance ont chuté comme des feuilles mortes en automne 2008, des banquiers fort honorés tels que Treichl ou Konrad ou encore Stepic en sont à demander de l’aide auprès de l’Etat. La banque de crédit communal (Kommunalkreditbank), fondée à l’origine pour soutenir les communes, a perdu des centaines de millions dans des spéculations à Chypre et en Islande ; elle fut vendue à l’Etat pour deux euros. La Volksbank doit faire son deuil de 362 millions d’euros dans ses participations à cette banque et en plus réinvestir 300 millions pour des «affaires structurelles» avec des banques en faillite en Islande, avec Lehman&Brothers, etc. Elle en est à solliciter un milliard d’euros auprès de l’Etat.

En outre, Les contrats de leasing transfrontaliers, conclus par les communes et des entreprises relevant de l’Etat, s’élèvent à 20 ou 30 milliards euros. La firme Tiwag a vendu son usine électrique de Sellrain-Silz pour environ 1,5 milliard d’euros, puis l’a reprise en leasing pour cent ans. Le prix de vente fut déposé dans des banques étrangères. Mais, les banques de dépôts s’effondrent l’une après l’autre, et de larges franges du prix d’achat disparaissent et ce qui reste c’est l’obligation pour la firme Tiwag de payer l’emprunt pendant cent ans! De même, les huit usines électriques sur le Danube ont été bradées de la même façon, de même que le métro et le réseau de tramways viennois, sans oublier une partie du réseau de canaux viennois, des réseaux de courant et de gaz dans le Burgenland, les gares, les locomotives, les wagons et les installations de signaux des chemins de fer autrichiens (ÖBB), le chauffage à distance de la ville de Linz, les installations de surveillance aérienne d’Austro Control, les services de triage de la poste, etc. Rien qu’en Basse-Autriche, 150 communes se sont laissé embarquer dans ces contrats de leasing transfrontaliers, vendant tout, de la mairie à la distribution de l’eau et aux stations d’épuration, bref tout ce qui pouvait être monnayé.

Maintenant ils tentent de récupérer de Raiffeisen les pertes que cette banque leur a causées par ses conseils. Le comble a été atteint par les services communaux d’Innsbruck qui, du temps du préfet van Staa, avaient vendu leur réseau de canaux, puis souscrit un contrat de leasing pour ce réseau pour 250 ans! Tout le monde a cru, à l’aide aussi de fraude fiscale, pouvoir faire de grosses affaires ; mais actuellement les contrats contraignants, ressemblant fort à une expropriation, font apparaître les risques encourus. Les banques autrichiennes ont investi 2,7 milliards d’euros en Islande, dont 1 milliard rien que par Raiffeisen. Seule une petite partie de ces investissements dirigés par la suite vers les Etat-Unis sera récupérée. Les dédommagements des investisseurs particuliers, à qui on avait promis que les «produits structurés» étaient «inattaquables», provoqueront d’autres pertes. Depuis des années, les Etats-Unis sont en faillite et doivent être soutenus par l’étranger à hauteur de 2 à 3 milliards de dollars par jour. Cependant, les «génies financiers» autrichiens vidèrent les caisses de pensions et transférèrent les économies des Autrichiens aux Etats-Unis pour y acquérir des hypothèques pourries. Les retraités confiants en sont pour leurs frais et doivent accepter des réductions de leurs rentes. Le fonds de grève des syndicats, d’un montant de 3 milliards d’euros, à disparu dans les Caraïbes et les membres du syndicat national ont été grugés par leurs dirigeants.

De plus, la compagnie d’aviation Austrian Airlines (AUA) avait obligé ses actionnaires à augmenter le capital, déposa une partie aux Etats-Unis et la perdit. Elle est maintenant vendue pour 1 euro pour autant que le gouvernement se montre prêt à y injecter 500 millions pour aguicher l’acheteur. Depuis sa création, cette compagnie a toujours dû être soutenue, n’arrivant pas à vivre par elle-même. Les Chemins de fer autrichiens (ÖBB) en firent de même, investissant les subventions accordées pour le développement de l’entreprise à l’étranger. Les pertes se montent, selon la publication économique Wirtschaftsblatt du 19/10/08, à 600 millions d’euros. Le nouveau gouvernement de coalition se voit maintenant contraint d’injecter de nouveaux milliards de subventions dans les Chemins de fer autrichiens. (alterinfo.net du 18/12/08 par Friedrich Romig, qui a enseigné l’économie politique à Vienne, Graz et Aix-la-Chapelle).

Les quatre grandes banques autrichiennes - Bank Austria, Erste, Raiffeisen et Volksbanken - se sont en effet lancées au début des années 1990 à la conquête des marchés de l'Europe de l'Est et s'y sont taillé la part du lion. Engagée à hauteur de 230 milliards d'euros, l'Autriche est le premier investisseur européen de la région, avec près de 20 % du marché, devant l'Allemagne, l'Italie et la France. Mais la crise a eu pour effet la dépréciation des monnaies nationales. Or, dans ces pays d'Europe de l'Est, plus de la moitié des prêts consentis sont libellés en devises étrangères. Le montant des crédits à rembourser s'en est donc trouvé multiplié par les pertes de change. Un tiers des ménages roumains ont ainsi vu leurs remboursements d'emprunt augmenter de 30 %. Une bombe à retardement pour des banques telles que Erste, la plus engagée sur le marché roumain. En Ukraine, placée sous perfusion par le Fonds monétaire international (FMI), la devise locale, la hrivna, a perdu 30 % de sa valeur. La banque Raiffeisen, pionnière sur ce marché, y a misé 6 milliards d'euros. Le gouvernement autrichien a mis sur pied un plan de sauvetage doté de 100 milliards d'euros, dont 15 milliards mis à la disposition des banques pour des recapitalisations. Volksbanken et la banque régionale Hypo Alpe Adria, principal investisseur en Croatie, y ont eu recours. (lemonde.fr du 14/02/09).

L’agence de notation Moody’s Investors Services a fait part dans un communiqué résumant les grandes lignes de son rapport que les banques de six pays (Autriche, Italie, France, Belgique, Allemagne et Suède) détenaient à elles seules 84% des avoirs revendiqués par les banques ouest-européennes en Europe de l’Est. Au sein de ces pays, les banques autrichiennes sont de loin les plus exposées, devant les banques italiennes et scandinaves. Dans les pays visés, certaines banques concentrent le plus gros des risques. Le rapport vise les établissements autrichiens Raiffeisen et Erste Bank, mais aussi la Société générale, l’italien UniCredit et le belge KBC. (marches.lefigaro.fr du 17/02/09).

Les banques autrichiennes ont investi quelque 277 milliards de dollars (216 milliards d'euros) en Europe de l'Est. L'Autriche devance ainsi très nettement l'Allemagne et l'Italie, qui ont prêté chacune environ 220 milliards de dollars. Les intérêts des banques autrichiennes en Europe orientale représentent l'équivalent de 70 % du PIB national. Viennent ensuite la Belgique (33 %), la Suède (25 %) et la Grèce (20 %). L'Autriche est en grand danger. Si ses banques enregistraient une perte de 10 % sur les prêts qu'elles ont consentis à l'Est, le préjudice s'élèverait à 7 % du PIB. Même si le déficit budgétaire autrichien est inférieur à 1 % du PIB, le montant total de la dette nationale représente 60 % du PIB. (fr.news.yahoo.com du 23/02/09).

En choisissant de se retirer absolument de la sphère économique sous la pression théorique des absolutistes, l'Etat a fait montre de son incapacité à élaborer en son sein des structures intellectuelles de résistance, ce que nous appelons la matière idéeique lumineuse structurée pour contrecarrer les plans nauséabonds du fondamentalisme économique et intellectuel. Il faudrait mille Madoff pour que l'économie mondiale brûle 50 000 milliards de dollars, un montant équivalent au PIB mondial qui assure la subsistance de plus de six milliards d'êtres humains. Voici une analyse de Paul Krugman, prix nobel d'économie 2008 révélatrice de cet échec cuisant.

Un monde devenu fou ?

La révélation que Bernard Madoff - un investisseur brillant (ou tout au moins vu comme tel), philanthrope, une figure de la communauté - était un escroc, a choqué le monde entier, de façon fort compréhensible. L’ampleur prise par son escroquerie pyramidale de 50 milliards est difficile à comprendre. A quel point l’histoire de Madoff est-elle différente de celle de la finance dans son entier ?

Le secteur des services financiers a obtenu une part toujours croissante des revenus de la nation durant ces 20 dernières années, ce qui a rendu les dirigeants de ce secteur incroyablement riches. Or la majorité des entreprises du secteur ont détruit de la valeur, au lieu d’en créer. La grande richesse acquise par ceux qui ont géré l’argent des autres a eu un effet corrupteur sur notre société dans son ensemble. En 2007, le salaire moyen des employés du secteur « valeurs mobilières, contrats sur les matières premières et investissements » s’établissait à plus de quatre fois le salaire moyen pratiqué dans le reste de l’économie. Gagner un million de dollars était banal, et même des revenus de 20 millions de dollars ou plus étaient assez communs. Les revenus des Américains les plus riches ont explosé depuis 20 ans, alors que dans le même temps les salaires des travailleurs ordinaires stagnaient. Les hauts revenus de Wall Street ont été l’une des principales causes de cette divergence. Le système de rémunération en vigueur à Wall Street récompense généreusement l’apparence de profit, même si ultérieurement cette apparence se révèle n’être qu’une illusion.

En prenant l’hypothèse d’un gestionnaire de fonds qui fait jouer un effet de levier en ajoutant un paquet d’argent emprunté à celui apporté par ses clients, puis investit ce total dans des actifs risqués à haut rendement, comme ces titres douteux adossés aux emprunts immobiliers. Pendant un certain temps - disons, tant que la bulle immobilière continue de gonfler - il (c’est presque toujours un « il ») fera de gros profits et recevra de gros bonus. Puis, lorsque la bulle éclate et que ses investissements se transforment en déchets toxiques, ses investisseurs perdront gros - mais lui conservera ses primes. M. Madoff par contre aurait apparemment sauté quelques étapes, en se contentant de voler l’argent de ses clients plutôt que d’empocher de gros frais de gestion tout en les exposant à des risques qu’ils ne comprenaient pas. Il y a beaucoup d’argent en jeu dans cette histoire. Ces dernières années, le secteur financier représentait 8% du PIB américain, contre moins de 5% une génération plus tôt. Si ces 3% supplémentaires ont été obtenu sans raison - et c’est probablement le cas - cela représente 400 milliards de dollars par an de gaspillage, de fraude et d’abus. Mais la facture de cette ère de l’Amérique des escroqueries pyramidales va certainement au-delà du gaspillage de dollars. Car les gains injustifiés de Wall Street ont corrompu et continuent à corrompre le monde politique, Démocrates comme Républicains. Depuis les fonctionnaires de l’administration Bush comme Christopher Cox, le président de la Securities and Exchange Commission, qui a détourné le regard lorsque s’accumulaient les preuves de fraude financière, jusqu’aux Démocrates qui n’ont toujours pas mis fin à la scandaleuse niche fiscale qui bénéficie aux dirigeants des hedges funds et des fonds privés d’investissements (bonjour M. le sénateur Schumer !), les hommes politiques ont répondu à l’appel de l’argent.

"Aux Etats-Unis, la dette du secteur financier est passé de 22 % du PIB en 1981 à 117 % du PIB au troisième trimestre de 2008, alors que la dette des entreprises non financières qui était de 53 % est passée à 76 % du PIB". "Plus de 325'000 emplois ont été supprimés dans les services financiers dans le monde depuis août 2007, selon un rapport du Bureau international du travail (BIT), publié lundi 23 février 2009".

Krugman s'interroge alors à quel point l’avenir de son pays a-t-il été compromis par cette fascination pour l’enrichissement rapide qui a attiré pendant des années bon nombre de jeunes parmi les meilleurs et les plus brillants dans les banques d’affaires, au détriment de la science, du service public et d’à peu près tout le reste ? Il ajoute, les grandes richesses gagnées - ou qui auraient du l’être - par un secteur financier surdimensionné ont sapé notre sens de la réalité et altéré notre jugement. Il rappelle que pratiquement tous les dirigeants n’ont pas su voir les signes annonciateurs d’une crise imminente. Comment était-ce possible ? Comment, par exemple, Alan Greenspan a-t-il pu déclarer il y a quelques années que « le système financier dans son ensemble est devenu plus résilient » - grâce à rien moins que les produits dérivés ? Sa réponse ? Il existe une tendance innée chez l’élite à idolâtrer les hommes qui font beaucoup d’argent, et à en déduire qu’ils savent ce qu’ils font. Il conclut que l'humanité subit les conséquences d’un monde devenu fou, devenu Madoff. (contreinfo.info du 22/12/08).

Le destin de l'humanité

Martin Luther King

Je fais le rêve que les hommes un jour, se lèveront et comprendront qu'ils sont faits pour vivre ensemble comme des frères.

Je fais le rêve que, un jour, chaque noir de ce pays, chaque homme de couleur dans le monde entier sera juger sur sa valeur personnelle plutôt que sur la couleur de sa peau.

Je fais le rêve que, un jour, les ventres vides seront remplis, que la fraternité sera un peu plus que quelques mots à la fin d'une prière.

Je fais le rêve que, un jour, la guerre prendra fin, que les hommes transformeront les épées en soc de charrue et leurs lances en ébranchoirs, que les nations ne se lèveront plus les unes contre les autres et qu'elles n'envisageront plus jamais la guerre (...).

Avec cette foi, nous saurons tailler une pierre d'espoir dans la montagne de desespoir.

Avec cette foi nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, aller en prison ensemble, soutenir la liberté ensemble. Ce sera un jour merveilleux. Les étoiles du matin chanteront ensemble et les fils de Dieu pousseront des cris de joie.

Nous pensons dans la relativité économique générale que pour en sortir et réparer les dégâts, il faudrait qu'à côté du rêve américain, il y ait un rêve humain, seul sensé être en mesure d'exorciser les stigmates de l'égoïsme absolutiste. Le FMI a indiqué que l'insuffisance des montants engagés par les plans de sauvetage sera pour lui la cause de la survenance d'une grande dépression. Certes, il est vrai que les plans de relance sont nécessaires, mais ils sont insuffisants pour rétablir les équilibres et engranger la croissance recherchée. Faire des plans de sauvetage et de relance les éléments centraux de sauvetage de l'économie dans la période actuelle, c'est se tromper de cible principale. Natixis et UBS ont reconnu l'existence d'actifs toxiques dans leurs bilans et ont crée des structures spécifiques pour les accueillir. Des spécialistes forts renommés clament haut et fort l'existence de ces actifs toxiques par centaines de mille ou millions de milliards de dollars. Dans le cas où cette information serait crédible, ne pas en tenir compte, ferait preuve d'une cécité intellectuelle volontaire, dangereuse pour l'humanité et criminelle.

A propos des plans de relance, l'économiste Joseph Stiglitz a souligné mardi 27 janvier 2009 que le FMI et les institutions internationales refont "les mêmes erreurs" que lors de la crise asiatique de 1997 en imposant des conditions trop restrictives aux pays touchés par la crise actuelle et auxquels il octroie des prêts. "Quand le Fonds monétaire international (FMI) prête comme actuellement de l'argent au Pakistan, à l'Islande, à l'Ukraine, il leur impose des taux d'intérêt élevés et une politique monétaire restrictive", a souligné le prix Nobel d'Econoomie 2001. "C'est exactement à l'opposé des politiques expansionnistes menées par la France ou le Royaume-Uni", a-t-il précisé lors d'une rencontre avec des journalistes à propos du documentaire "Le monde selon Stiglitz", coproduit par Arte et diffusé le 10 mars 2009.

"Le résultat, c'est que cet argent (prêté), assorti de telles conditions, va probablement affaiblir l'économie" de ces pays et rendre "plus difficile pour eux de rembourser ces fonds". Les institutions financières internationales doivent s'assurer que "l'argent prêté n'est pas dépensé en corruption", "il y a des mesures de précaution de base" à prendre avec l'utilisation de fonds prêtés, mais les institutions internationales vont "bien au-delà", affirme M. Stiglitz. "Elles limitent ce que ces gouvernements peuvent faire et nuisent à la démocratie" tout comme à "l'efficacité" des politiques. "L'ironie c'est que la crise actuelle n'était pas le résultat de mauvaises politiques dans les pays en développement mais aux Etats-Unis, pays qui dispose d'un droit de veto au FMI", et dont le modèle de capitalisme "a échoué lamentablement". "La bonne nouvelle c'est que le FMI a décidé qu'il y a quelques pays à qui il va donner un peu plus de marge de manoeuvre", à l'instar du Brésil, de la Corée du Sud ou de Singapour". M. Stiglitz a répété son leitmotiv selon lequel "il y a une autre façon d'organiser la mondialisation, plus efficace et juste pour les pays en développement". Si l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) "fournit des règles" pour le commerce internationale qui sont "défectueuses", elles valent mieux que de ne pas en avoir, car "en l'absence de règles, le danger, c'est de se réfugier dans le protectionnisme". Il déplore toutefois "les subventions massives que les pays développés" ont mises en place pour protéger leurs industries face à la crise, car "les pays pauvres ne peuvent en faire autant" ce qui crée un système "injuste". (boursorama.com du 27/01/09). Selon le président du parlement ukrainien Vladimir Litvine, "Il y a une série de recommandations du FMI qui sont apparemment impossibles à réaliser dans un avenir prévisible en Ukraine", par exemple, le relèvement progressif de l'âge de mise à la retraite et la hausse des tarifs du logement. (fr.rian.ru du 09/03/09).

Pour confirmer les craintes de Joseph Stiglitz, Riga vient d'ailleurs en effet de bénéficier d'un prêt de l'Union européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de ses voisins scandinaves d'un montant de 7,5 milliards d'euros c'est-à-dire le quart du PIB estimé pour 2009. En échange de leur aide, les médecins du FMI exigent de la Lettonie qu'elle avale l'amère potion de la rigueur. Le président a donné l'exemple en réduisant son traitement de 8 %. Le premier accueil a été violent avec une manifestation qui a dégénéré, le 13 janvier 2009, en émeute au sein même du Parlement. Lundi 26 janvier 2009, quelques centaines d'agriculteurs étranglés par les crédits ont manifesté à Riga. Avec une croissance annuelle de 10,4 % entre 2005 et 2007, ce pays de 2,2 millions d'habitants était le plus dynamique des Vingt-Sept. «Championne d'Europe de la surchauffe», selon une note de la mission économique française à Riga, la Lettonie, exportatrice de bois et d'équipements (machines agricoles, électroménager), détenait, en contrepartie, le record de l'inflation : 15,4 % en 2008. Cette année, selon les prévisions de Bruxelles, elle passera lanterne rouge de l'UE avec un PIB en chute de 6,9 %. (lefigaro.fr du 30/01/09). La hausse des prix à la consommation en Lettonie a ralenti en janvier 2009 à 9,8% comparé à janvier 2008, après 10,5% en décembre 2008 et 11,8%, a annoncé lundi 9 février 2009 le Bureau national des statistiques. Sur un mois, les prix ont augmenté en janvier 2009 de 2,2% par rapport à décembre 2008. Le taux moyen d'inflation en 2008 s'est élevé à 15,4%, comparé à 10,1% en 2007. Le produit intérieur brut (PIB) letton a chuté brutalement de 10,5% sur un an au quatrième trimestre 2008 après une baisse de 4,6% au troisième trimestre 2008, selon les estimations du Bureau national des statistiques publiées lundi 9 février 2009. La chute s'est accélérée dans le domaine de la production et des services. Selon les estimations, la production manufacturière a baissé de 11,3%, le commerce de détail de 15,6% alors que les services en hôtellerie et restaurants de 24,8%. Les recettes fiscales ont également baissé de manière significative, a annoncé le bureau. La Lettonie, pays balte de 2,3 millions d'habitants, traverse de graves problèmes économiques, après quelques années de croissance record dans l'UE. Selon les estimations de la Banque centrale et du gouvernement letton, le produit intérieur brut de ce pays pourrait baisser de 5% en 2009. (lesechos du 09/02/09).

C'est sans doute pour contrer les décisions du FMI, selon les quotidiens Vedomosti et RBC Daily du 5 février 2009, que les pays de la CEEA (Communauté économique eurasiatique) ont convenu de créer un fonds anticrise de 10 milliards de dollars. La Russie y contribuera à hauteur de 7,5 milliards de dollars, car pour l'instant, ses alliés ne sont pas en mesure d'alimenter ce fonds. La Russie y versera 7,5 milliards de dollars, soit la majeure partie du fonds et le Kazakhstan un milliard de dollars, a annoncé le président biélorusse Alexandre Loukachenko au cours d'une conférence de presse qui s'est tenue à l'issue du sommet. Selon les membres des délégations, les présidents auraient également dû s'entendre sur les versements d'autres pays : la Biélorussie, l'Arménie, le Kirghizstan et le Tadjikistan. Cependant, M. Loukachenko a déclaré que ces Etats détermineraient le montant de leurs quotes-parts dans un délai d'un mois. Comme l'a déclaré le président russe Dmitri Medvedev, la cotisation de chaque Etat doit être proportionnelle à son économie. Un Etat ne fournissant pas de contribution ne pourra pas prétendre recevoir l'argent du fonds. La Biélorussie, le Kirghizstan et l'Arménie, principaux alliés militaires de la Russie au sein de l'OTSC (Organisation du Traité de sécurité collective) ont reçu ces derniers temps de Moscou des crédits de stabilisation (1 milliard de dollars, 2 milliards de dollars et 500 millions de dollars respectivement). Minsk espère toujours recevoir un crédit de 100 milliards de roubles (environ 2,8 millions de dollars) d'aide désintéressée. Des investissements d'un montant de 1,7 milliard de dollars et 150 millions de dollars d'aide désintéressée ont été promis à Bichkek. Parallèlement, le même jour, les présidents de l'Arménie, de la Biélorussie, du Kazakhstan, de l'Ouzbékistan, du Tadjikistan et du Kirghizstan ont décidé, avec leur homologue Dmitri Medvedev, de créer des "forces armées collectives" afin de répondre à d'éventuelles menaces extérieures. La veille, c'est encore la Biélorussie qui avait signé un accord sur la création d'un système unifié de défense antiaérienne et le Kirghizstan avait annoncé la fermeture d'une importante base militaire américaine installée depuis 2001 sur son territoire. Moscou souhaitait depuis longtemps la fermeture de ces installations, stratégiques pour l'approvisionnement de l'OTAN en Afghanistan. (fr.rian.ru, lemonde.fr du 05/02/09).

Selon la Banque de Russie, l'excédent dégagé par le commerce extérieur russe a baissé de moitié en janvier 2009 par rapport à la même période de 2008, passant de 18,862 milliards de dollars à 9,361 milliards. La première baisse du solde en glissement annuel a été enregistrée en octobre 2008, de 4,7%. En novembre, la baisse s'est chiffrée à 38% et en décembre 2008 le solde a déjà été divisé par trois. La contraction de l'excédent se produit sur fond de baisse des cours des principaux produits d'exportation russes (métaux, énergie, chimie). (fr.rian.ru du 12/03/09)..

Le Premier ministre Vladimir Poutine cité par les agences russes, souhaite également doter la Russie d'agences de notation financière qui lui soient propres et capables de mieux comprendre les "spécificités du marché russe". "Nous avons intérêt à l'établissement d'agences de notation nationales fortes, qui sauront mieux étudier dans leurs évaluations les spécificités du marché russe et aussi proposer des services de qualité et accessibles, non seulement aux grandes entreprises mais aux groupes de taille moyenne". Il a confié cette responsabilité au ministère des Finances qui sera désormais habilité à accréditer les agences de notation. Il a ajouté que l'absence d'agences russes a conduit "une dépendance totale des entreprises russes envers les agences de notation internationales, qui se concentrent sur les économies, et les pratiques en affaires d'autres Etats". Cette prise de position intervient moins d'une semaine après la décision de l'agence de notation financière Fitch d'abaisser la note souveraine de la Russie en raison de la chute des cours du pétrole et des difficultés provoquées par la crise financière. L'agence a par la suite dégradé la note d'une série d'entreprises russes. La Russie avait déjà vu sa note abaissée début décembre 2008 par l'agence de notation Standard & Poor's. (fr.biz.yahoo.com du 09/02/09).

La relativité économique soutient que dans le passé, le monde "libre" a longtemps condamné le goulag soviétique, à raison, mais que les conséquences qui découleraient d'une très grande dépression devraient être supérieures aux effets des goulags soviétiques, puisqu'ils mettraient en danger la vie de centaines de millions, sinon de milliards de personnes sur la planète entière, victime de la terreur financière ultralibérale. Le communisme en parlant de la religion a commis une erreur d'appréciation en considérant la réligion comme l'opium du peuple, ce qui a justifié par le passé dans certaines contrées de nombreux massacres d'êtres humains, car le problème a été saisi sous un mauvais angle, même si nous reconnaissons que le marxisme possède dans sa théorie beaucoup d'éléments positifs comme sa diatribe sur les méfaits du capitalisme financier et la répartition des richesses créées.

Aujourd'hui, le capitalisme financier a commis une autre erreur en élevant l'argent au rang d'un dieu salvateur et faiseur de croissance en jouant abusivement sur l'augmentation des taux d'intérêt et la création spéculative de monnaie. Il est certain que si les informations fournies par Lyndon Larouche et d'autres spécialistes s'avèrent fondées, le monde doit s'attendre à affronter une dépression économique comme il ne l'a jamais connu, surtout en continuant d'ignorer cette variable centrale qu'est les actifs toxiques. Les plans soulageront un certain temps, ce qui fera plaisir à certains, mais ne pourront pas empêcher l'avènement de la catastrophe ultime, car ces plans sont complémentaires et non substitutifs, puisque l'Etat n'a pas les moyens de compenser les extravagantes sommes d'argent virtuelles converties en actifs toxiques. Même si la Chine qui possède des excédents commerciaux élevés venait à accroître le niveau des salaires de ses travailleurs ou le taux de change de sa monnaie par rapport au dollar, rien n'y ferait puisque ces excédents si élevés soient-ils ne sont qu'une goutte d'eau dans la mer, car ils n'atteignent pas, et de loin, les centaines de milliers ou de millions de milliards de dollars annoncés.

En réalité, les actifs toxiques jouent un rôle macabre dans l'économie mondiale, par leur ampleur, cela dénote une stratégie voilée de mainmise et de confiscation des ressources naturelles et productives de la planète terre et de l'univers par une "main invisible" virtuelle, car leur valeur monétaire dépasse de loin et de façon exponentielle celle du Produit Intérieur Brut mondial. En effet, comme pour les centrales d'achat qui font pression sur la fixation à la baisse des prix du producteur, le pouvoir d'achat et de pression de la "main invisible" virtuelle est phénoménal, il crée une distorsion à l'échange et au change, ce qui instaure virtuellement une parité inégale dans les rapports d'échange et de change entre entités ou systèmes sur les marchés. La difficulté pour ces stratèges en herbe, est que, ces richesses ne sont pas immédiatement mobilisables par les émetteurs de ces actifs toxiques, pour leur permettre d'opérer une éventuelle compensation ou monétisation totale, et de plus, certaines de ces richesses, sont pour l'heure immobilisables, car encore hors de portée.

C'est en essayant de jongler à petite échelle avec le pouvoir d'achat virtuel que les entreprises comme Enron et Satyam se sont brûlées. Enron a été emportée à tout jamais dans les abysses de l'océan financier vers le néant, Satyam ne devra sans doute sa survie que grâce à l'intervention musclée et rapide de l'Etat indien. Le pouvoir d'achat virtuel confère à son détenteur une certaine puissance économique virtuelle, qui additionneé à la puissance économique réelle, place ce dernier à un niveau de puissance plus élevé que ceux qui n'utilisent que les capacités de l'économie réelle pour construire leur puissance économique. Et, comme un verre rempli d'eau la puissance économique virtuelle atteint à un certain moment des limites infranchissables, auquel cas, elle déborde la coupe et coule dans le vide. C'est ce qui s'est passé avec les actifs toxiques, car la partie supportée par la puissance économique virtuelle s'est annulée voire négativisée. En s'annulant, les forces d'entraînement de l'économie virtuelle vont créer un déséquilibre et disparaître, tout en induisant un choc brutal avec les forces d'entraînement de l'économie réelle, puis en devenant négative, couplée à d'autres facteurs comme l'ampleur des déficits ou de la dette, la puissance économique réelle va être entamée profondément. Cette situation mettra en mouvement d'autres types de forces comme les forces de rappel ou de destruction, sous l'effet de l'onde de choc.

Ainsi, nous affirmons qu'à côté des marchés réels, il existe un marché virtuel d'actifs toxiques hyper-surdimensionné dont la fâcheuse tendance est de se matérialiser. C'est parce que ce marché virtuel se matérialise que des perturbations inouies apparaissent sur les marchés réels, mais en cherchant à devenir tangible, le marché virtuel se heurte aux contraintes physiques des capacités et qualités réelles de la finance et l'économie, qui à leur tour, sont subitement emportées dans un tourbillon et en même temps secouées par des ondes sysmiques de forte magnitude, entraînant un tsunami financier et sans doute un tsunami économique. La principale solution réside dans l'assainissement de la source de la virtualité, pour nettoyer, dompter et anéantir l'hydre, afin de préserver les générations futures de la contamination, et limiter les dégâts causés par sa propagation.

En fait, la présence simultanée des deux marchés, impose deux états d'équilibre, l'un Smithien et réel, l'autre virtuel. L'équilibre sur le marché virtuel est le lieu de croisement de l'offre et la demande d'actifs toxiques, et celui sur le marché réel est le lieu de croisement de l'offre et la demande d'actifs non toxiques. Le prix d'équilibre sur le marché virtuel est plus élevé que celui existant sur le marché réel pour une certaine quantité de produits, compte tenu de l'engouement des investisseurs pour ces types de produits. L'investisseur préférant acquérir les actifs dont les rendements sont plus élevés. Cependant, la transformation des actifs toxiques en actifs réels, va dans un premier temps ramener le prix des actifs toxiques au niveau de celui des actifs réels, mais la perte de confiance en ces produits va le faire chuter encore plus bas, voire l'annuler ou le rendre négatif comme celui d'un poisson pourri, à partir du moment où personne n'en veut plus, alors que la suspicion s'installe davantage parmi les institutions financières. Plusieurs investisseurs vont alors se rabattre sur d'autres types d'actifs, ce qui fera accroître le prix de ces derniers (matières premières, or, énergie...), le secteur virtuel est entré en léthargie. Par exemple, "les banques d’investissement, qui sont la fierté de Wall Street, ont virtuellement cessé d’exister, puisqu'en 12 mois exactement, elles ont publié des pertes excédant les profits qu’elles ont réalisés au cours des 25 dernières années".

Cependant, l'ampleur des volumes d'actifs toxiques immobilisés va réduire les capacités d'investissement sur les marchés et induire une réduction des fonds mobilisables. Les interventions des pouvoirs publics et des Banques Centrales vont dans un premier temps redonner confiance, compte tenu des apports en liquidités, ce qui va éloigner les investisseurs des matières premières et faire plonger leurs prix, mais l'annonce des résultats calamiteux fera replonger le système dans l'incertitude. Certains investisseurs préféreront acheter des obligations à taux nul, pour être sûr de se rapprocher de la liquidité. Petit à petit la situation générale se dégrade, jusqu'à la faillite de plusieurs établissements et l'affaissement des valeurs boursières de toutes les entités économiques et financières. Dans le même temps les actifs toxiques restent dans les bilans des établissements financiers qui espèrent pouvoir s'en séparer à temps opportun, ou les utiliser si par enchantement la crise venait à s'estomper.

Les plans de sauvetage et de relance tenteront d'atténuer les difficultés rencontrées dans la finance et l'économie, mais la confiance ne revenant pas, le crédit se faisant de plus en plus rare, les derniers verrous qui empêchaient jusque là la crise de se répandre dans l'économie réelle sont tombés, les licenciements pleuvent, les résultats s'aménuisent, les dettes et les déficits s'accroissent, les investissements se réduisent, la demande baisse et l'offre est ajustée, les valeurs boursières sont massacrées, la crise devient économique et globale, jusqu'à quelle magnitude et amplitude?

Soit R' le revenu issu de l'activité des actifs toxiques et R celui issu de l'activité des actifs non toxiques. Il existe un lien entre les deux.

R' = [(1+t1) (1+t2) (1+t3) ........ (1+tn) / (1+t)n] x R

C'est l'équation de la crise actuelle.

Le capital de départ des actifs toxiques est ce que nous appelons le capital vicieux, et celui des actifs non toxiques est le capital vertueux. Nous supposons que le capital investi dès le départ est le même dans les deux marchés, où t est la rémunération des actifs réels, qui est relativement stable pendant n périodes. ti est la rémunération des actifs toxiques pendant ces mêmes périodes et sa valeur est plus élevée que celle de t et s'accroît en fonction des périodes écoulées et de l'humeur des spéculateurs. (1+t)n doit être lu (1+t) à la puissance n ; i est un indice représentant le rang, et prend des valeurs qui vont de 1 à n. Il est clair que lorsque les actifs toxiques sont atteints, les autres actifs sont contaminés. Etant donné que le revenu global d'une telle nation ou d'un tel système est constitué d'une partie en actifs toxiques et l'autre en actifs non toxiques, il serait vain d'essayer de conserver les actifs toxiques en l'état, car ils empêcheraient à toute forme de relance de créer les conditions initiales d'une reprise saine.

En reprenant la relation des conditions d'équilibre de la relance Keynesienne dans les conditions dynamiques, nous obtenons la relation suivante :

R = [K (1+t)n /K ((1+t)n + K' (1+t1) (1+t2) (1+t3)........(1+tn))] (C+I+G+X-M)

C'est l'équation de la relance keynesienne associée à celle de la crise en intégrant les actifs toxiques et les capitaux de départ K et K' (K' > K) qui sont cette fois-ci distincts. Tout effort de relance avec les actifs toxiques est un exercice douloureux et fastidieux, nécessitant de prendre en compte les paramètres du marché virtuel dont les actifs se trouvent toujours dans les bilans de certains établissements, ainsi que les paramètres d'évolution de la crise. D'après Gilles Bonafi sur le site internet alterinfo.net, le 16 février 2009, le quotidien britannique The Daily Telegraph (12 février 2009) affirme avoir consulté un document confidentiel de la Commission européenne qui évalue le montant total des « actifs toxiques » des banques européennes à 18000 milliards d’euros. UBS et Crédit Suisse, possèdent des bilans de 3000 milliards de dollars soit 10 fois le PIB du pays. Lyndon Larouche parle de millions de milliards de dollars d'actifs toxiques frauduleux en circulation.

La solution réside en un assainissement qui annulerait leur valeur toxique et remettrait les compteurs à zéro, pour permettre aux initiatives planifiées d'injecter une énergie nouvelle aux forces de reconstruction, afin d'occasionner un redémarrage tiré par les forces d'entraînement. Parallèlement des précautions seraient prises pour empêcher l'économie de retomber dans les travers précédents. Cette initiative doit être globale et concerner en même temps l'épicentre de gravité de la crise, pour éviter que des mesures isolées ne soient court-circuitées par un effet de masse qui annulerait les effets désirés.

Selon Greenspan, la crise actuelle n'a pas été provoquée par la faiblesse du taux directeur américain. L'origine de la crise est à rechercher dans le bas niveau des taux des crédits immobiliers, qui, eux-mêmes, étaient largement déconnectés des taux fixés par la Fed. "Entre 2002 et 2005, les variations des taux d'intérêt immobiliers ont précédé de 11 mois les variations des prix du logement". "Cette corrélation entre les prix des logements et les taux hypothécaires est très parlante, et est un bien meilleur indicateur de la hausse des prix du logement que ne l'est" le niveau du taux directeur (au jour le jour) de la Fed. A ses yeux, c'est une explication "bien plus crédible" que celle incriminant une quelconque "politique +argent facile+ menée par la Réserve fédérale". De juin 2003 à juin 2004, le taux directeur de la Fed avait été laissé à 1%, alors le plus bas niveau qu'il eût touché, avant de remonter progressivement jusqu'à 4,50% en janvier 2006. M. Greenspan affirme que la corrélation entre le taux directeur de la Fed et les taux des emprunts immobiliers a été évidente "pendant des décennies", mais qu'elle a "diminué jusqu'à devenir insignifiante" entre 2002 et 2005. (lesechos.fr du 12/03/09).

Le site jdf.com confirme notre intuition

Au total, la capitalisation boursière mondiale (qui correspond à la somme de tous les cours de Bourse multipliés par le nombre d'actions propre à chaque société) a vu son montant fondre de moitié en 2008. Plus de 25.000 milliards de dollars auraient été détruits en quelques mois... La valorisation des Bourses mondiales repose sur des transactions entre acheteurs et vendeurs. Plus les acheteurs sont prêts à payer cher un titre, et plus son cours monte. C'est la loi de l'offre et de la demande. Il suffit cependant qu'un petit nombre « tire les cours vers le haut » pour créer une richesse virtuelle générale. Ces 25.000 milliards qui se sont « évaporés » ont-ils réellement jamais existé ? En théorie, ils existent, mais ils ne peuvent être réalisables par tous les investisseurs. Seule une poignée peut passer du virtuel au réel. L'impression de richesse est générale, mais sa réalisation ne peut qu'être discriminatoire. La Bourse fonctionnerait donc comme un entonnoir. Pour que la valeur virtuelle donnée aux actions devienne réelle, il faut pouvoir les vendre. (jdf.com du 19/02/09).

Enièmes exemples d'une vaste escroquerie pyramidale

Le patron d’une entreprise de literie Kazutsugi Nami, aurait berné des milliers de consommateurs en créant une monnaie virtuelle et en promettant un rendement de 36% par an. Il a été arrêté jeudi 5 février 2009 à Tokyo pour une gigantesque escroquerie à l’investissement dont le montant serait compris entre 126 et 226 milliards de yens (1,1 et 2 milliards d’euros), selon les médias japonais. 21 autres personnes de l’entreprise ont également été appréhendées. Le nombre des victimes est compris entre 37000 à 50000 personnes. Le japonais Kazutsugi Nami, 75 ans, se disait investi d’une «mission divine pour éliminer la pauvreté sur Terre» et promettait un rendement de 36% par an. Ses victimes, surtout des retraités, lui vouaient un véritable culte, et lui confiaient leurs économies. «Nami aimait répéter ‘je suis la loi’. Il avait un pouvoir de contrôle sur les esprits de ses membres», écrit dans un rapport le groupe d’avocats chargés de défendre les victimes. Il avait émis en 2004 une monnaie virtuelle appelée « enten », qui était utilisable sur des sites de vente en ligne, dans plusieurs hôtels et magasins en payant avec son téléphone portable. Les souscripteurs versaient à Kazutsugi Nami, un minimum de 100000 yens (872 euros) et recevaient une somme équivalente en «enten». En principe, ils pouvaient récupérer leur investissement au bout d’un an. La chaîne NTV a montré des images de consommateurs se ruant dans une «foire enten» et qui s’émerveillaient de pouvoir tout acheter avec cette monnaie électronique.

En 2007, sa société avait cessé de verser les intérêts aux investisseurs et ne rachetaient plus les «enten» aux commerces partenaires de l’opération. Quelques jours avant son arrestation, il reprochait aux investisseurs, sur son blog, d’avoir fait échouer son projet de monnaie virtuelle, en n’apportant pas assez d’argent. Il avouait en 2007 à une journaliste qui lui demandait s’il était payé en «enten» : «Dieu merci, mon salaire est versé en yens». Par le passé, le septuagénaire s’est déjà illustré dans des affaires douteuses. En 1971, il avait crée une société de commercialisation de gadgets censés réduire les gaz d’échappement de voitures et accroître la puissance du moteur. 250000 personnes étaient tombées dans le panneau. La société a été placée en faillite mais Kazutsugi Nami a échappé à la prison. Quelques années plus tard, il vendait une «pierre miraculeuse» censée transformer l’eau du robinet en eau minérale. Cette affaire lui avait valu un séjour en prison en 1978. C’est dans cette cellule qu’il aurait, dit-il, échafaudé les prémisses de son projet d’investissement et de monnaie virtuelle. (jdf.com, boursorama.com du 05 et 06/02/09).

Pour Dave Lindorff, l'économie américaine est entrée dans une torpeur et court le risque de ne pas retrouver le niveau où elle se trouvait en 2007. L’Amérique – et les Américains individuellement – ont vécu avec prodigalité pendant des années dans une économie irréelle, poussée par le crédit facile qui a gonflé la valeur des biens immobiliers à des niveaux incroyables et qui a conduit les gens à dépenser bien au-delà de leurs moyens. Les travailleurs de la classe-moyenne ont été encouragés à acheter des maisons surdimensionnées de façon obscène, avec une mise de départ de 5% - voire rien du tout. Ils ont été leurrés à acheter des voitures de la taille de camions, une pour chaque membre de la famille en âge de conduire. Ils ont installé des piscines individuelles dans leur jardin, refusant de partager l’eau avec leurs voisins dans les piscines communales... A présent, tout cela s’effondre. La valeur des propriétés est en chute-libre. Les ventes de voitures se sont complètement ramassées. Le chômage augmente à vitesse grand V (il approche à présent du taux officiel de 8%. Au cours des vingt dernières années, l’Amérique a dégénéré en une nation de consommateurs, avec 72% de son PIB consacré à la consommation des ménages – essentiellement pour acheter des biens produits à l’étranger et importés aux Etats-Unis. Les ressources naturelles ont été gaspillées, le pillage de l'environnement, la décimation du système de retraite, la création d’un vaste complexe médico-industriel qui suce le sang des familles aussi bien que celui des entreprises et le système éducatif en déclin sont des facteurs qui vont peser sur la reconstruction des fondamentaux de l'économie.

Une autre "fraude massive" ?

Partager

Déposez un commentaire !

(facultatif)

(facultatif)

error

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.107.191.91) pour vous identifier.     

Aucun commentaire
Les scientifiques réunis à Monaco le 30 janvier 2009 soutiennent que les écosystèmes marins du monde